Presse en ligne

DE SAPPHO A ANNIE LECLERC : « LE VISAGE DE L’AMOUR »

Par Paul TOJEAN

PARTICIPATION AU COLLOQUE INTERNATIONAL & MULTILINGUE SUR LES THEORICIENNES DE LA POESIEORGANISE
PAR LA SOCIETE INTERNATIONALE D'ETUDES DES FEMMES ET D’ETUDES DE GENRE EN POESIE (SIÉFÉGP)
EN PARTENARIAT AVEC LA REVUE FEMINISTE DE POESIE LE PAN POETIQUE DES MUSES (LPPDM)

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http://www.pandesmuses.fr/visage.html

« LES EPAVES » : LE PRECIEUX TEMOIGNAGE
DE PAULINE DE FLAUGERGUES

Les Épaves de Pauline de Flaugergues, écrivain et poète romantique relatent des faits de la guerre de 1870-1871. Le récit, paru en 1873, débute comme une longue lettre à destination de George Sand : « Madame, voici quelques pages dont vous ferez ce que vous voudrez. C’est la relation bien simple des événements ou plutôt des émotions qui ont rempli quelques mois de ma vie » écrit Pauline de Flaugergues à son amie de Nohant. Les faits remontent en juillet 1870.

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Les Caprices de la femme en rouge: « Les Epaves » : Le précieux témoignage de Pauline de Flaugergues. Par Paul Tojean

LE FEMININ ET LES FEMMES DANS L’ŒUVRE D’ARTHUR RIMBAUD

« Ô chair de fleur ! »


        (Article paru dans le N° 2 Hors-série, décembre 2016, Pan des muses, éditions de la SIEFEGP)

Dans son poème Les chercheuses de poux, Arthur Rimbaud décrit la pauvreté d’une famille faisant le parallèle entre deux jeunes filles aux « ongles royaux » et un petit bonhomme envahi par les poux. « Il vient près de son lit deux grandes sœurs charmantes » qui après avoir assis le jeune garçon promènent leurs frêles doigts dans ses cheveux, afin d’extirper ces petites bêtes… L’auteur traduit merveilleusement les sensations de cet enfant qui s’abandonne volontiers à ces massages prodigués « selon la lenteur des caresses ». Le poème est particulièrement envoûtant par la grâce d’un silence apaisant et d’une tendresse débordante. Un état second, en quelque sorte, qui plonge le narrateur dans une inertie, un abandon, tandis que « monte en lui le vin de la Paresse ». Alors, se devine une étrange volupté comme pourrait le faire un doux froissement de papier ou le faible débit d’une eau de source. On y décèle un désir charnel « ou désirs de baisers »… Comment ne pas évoquer les sensations ressenties que le poète a su traduire mieux que quiconque dans sa pièce éponyme : « Je ne parlerai pas, je ne penserai rien:/Mais l’amour infini me montera dans l’âme/Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien/ Par la Nature – heureux comme avec une femme ». Et dans Les réparties de Nina, Rimbaud semble au diapason avec la Nature tant décrite : « De chaque branche, gouttes vertes/Des bourgeons clairs/On sent dans les choses ouvertes/Frémir des chairs ». Cette « chair de fleur » n’est pas sans rappeler non plus cette poésie sentimentale dans Première soirée, sans doute le premier poème amoureux écrit par Rimbaud à l’âge de 16 ans :

« Elle était fort déshabillée/Et de grands arbres indiscrets/Aux vitres jetaient leur feuillée/Malinement, tout près, tout près. » Dans le domaine de la tendresse et de la sensualité, laissons-nous emporter par cette belle romance : « L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose/Avec des coussins bleus/Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose/Dans chaque coin moelleux…/Puis tu te sentiras la joue égratignée…/Un petit baiser, comme une folle araignée/Te courra par le cou…/Et tu me diras : Cherche ! en inclinant la tête/Et nous prendrons du temps à trouver cette bête/Qui voyage beaucoup. »

L’étoile de l’érotisme. Le quatrain suivant, sans titre, est une pure merveille où l’intime et le sublime sont étroitement liés. Ce poème - qui soulève encore de nombreux commentaires - est une symbolique de l’érotisme, dont André Breton le considèrera comme l’un des plus beaux textes du genre qui ne fut jamais écrit :

« L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles/L’infini roulé blanc de ta nuque à tes reins ;/

La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles/Et l’Homme saigné noir à ton flanc souverain. »

 

Voici une poésie qui offre toute sa place à l’étoile de l’érotisme, à l’amour. Voici la beauté dans toute sa splendeur et la pleine souveraineté de la femme, l’éloge de son corps superbement modelé. Ainsi, le premier vers traduit la bouche de l’aimée, suivi dans le second de la description du dos, du pubis, des seins, où, irrésistiblement, l’homme, tombe sous le charme de Vénus…